Publié le vendredi 3 avril 2009
Vendredi 3 avril 2009
LA REVUE ALPHARE POUR LES PERSONNES ANALPHABÈTES
C’est toujours un plaisir pour moi, de lire la brochure: ALPHARE qui vient d’un organisme à but non lucratif constitué en 1995 et accrédité par le Ministère de l’Éducation du Québec, spécialement pour venir en aide aux personnes analphabètes, dont 12 groupes communautaires couvrent le territoire de la M.R.C. Beauce-Appalaches. La revue ALPHARE me rejoint personnellement, voici pourquoi:
En réalité, j’aurais bien pu passer ma vie en étant analphabète, d’une certaine façon. Heureusement qu’à l’âge de l’adolescence, j’ai eu la chance de consulter un spécialiste de la vision, qui a reconnu qu’il aurait été souhaitable que je porte des lunettes, pour voir au loin. Dans les années 1961 à 1968 environ, ce n’était pas donné à toutes les familles de procurer des lunettes à leurs enfants, surtout pour celles situées dans la classe pauvre et moyenne de la société. Comme bien d’autres enfants de mon âge, dès la première année du primaire, c’était pour moi un combat quotidien de lire les devoirs au tableau.
Étant située dans les plus grandes élèves de ma classe, je devais me rendre au tableau presque au pas de course, pour arriver à prendre en note, toutes les questions demandées pour les leçons et les devoirs. Un peu intimidée mais débrouillarde, je parvenais toujours à expliquer ma situation au professeur. Cela me causait un grand stress quand même, et me demandait d’énormes efforts, pour finalement me situer dans les notes moyennes.
Pour moi, cela était devenue normal de courir au tableau, et de retourner copier ces notes sur une tablette. De nature sociable, joyeuse et réservée à la fois, il n’était pas question de vivre cette désolante situation, comme une victime. Incroyable, mais la première fois où j’ai eu la chance de consulter un spécialiste de la vue, ce fut seulement à l’âge de douze ans. L’optométriste spécialiste m’avait confirmé que je ne pourrais jamais conduire un automobile. Intérieurement, j’ai rejeté immédiatement ce sombre pronostic. Par contre, il me disait que ma peur d’aller en automobile, s’envolerait seulement si c’était moi la conductrice. Une raison de plus de croire que je parviendrais un jour, à avoir mon permis de conduire et une voiture. Ce rêve s’est concrétisé dès l’âge de 18 ans, puisque mon travail dans la vente nécessitait des trajets sur la route, à chaque jour.
Ce fut un beau cadeau de la vie, le jour où j’ai reçu mes lunettes, si bien que mon existence fut entièrement embellit. Même si je comptais des années de retard comparativement aux autres élèves, personne ne s’en rendait bien compte, vu que j’adorais les études. Je ne comptais plus les heures supplémentaires de travail, pour rattraper le temps perdu, puisque la lecture et l’écriture étaient mes loisirs favoris. Je sympathise avec raisons, avec les personnes qui reconnaissent être analphabètes. Je n’avais jamais confié cette limite à qui que ce soit avant l’année passée, suite à avoir pris connaissance de la revue ALPHARE.
Je crois que le parcours de mon existence, en lien avec le monde des études et du travail, aurait pu être modifié, si j’avais eu la chance de porter des lunettes dès l’âge de 2 ans et demi; comme indiqué par le spécialiste de la vision. Même si j’essaie de trouver de nouveaux trucs pour améliorer la langue française écrite, j’avoue être restée toujours avec une certaine limite; surtout si je me compare aux autres personnes de mon âge. Il est préférable d’aller mon chemin sans me comparer aux autres; parce qu’il y en a toujours des meilleurs et des pires que moi. L’important est de veiller à améliorer mes connaissances dans le domaine de la lecture et de l’écriture.
Aujourd’hui, avec l’aide financière pour les familles vivant en dessous du seuil de la pauvreté, les malchances de vivre des situations pareilles sont plus minces que dans le passé. Heureusement pour les enfants, les étudiants et les adultes de tous les âges, car ils ont maintenant l’occasion de mieux fonctionner dans la société. Il est temps de terminer ce partage, mais pas avant de souligner mon appréciation pour la revue: ALPHARE, que j’ai eu le bonheur de découvrir, à travers les circulaires de la semaine. Bravo à toutes les personnes qui donnent de leurs temps et de leurs énergies, à cette revue qui aide sûrement bien des personnes.
Patricia Turcotte © Le 02 avril 2009
Chiffon | 2009-04-03 18:52:27
